# CUBION DOCKING STANDARD — spec v0 de l'amarrage universel du space-cubion > La face du space-cubion est le **connecteur éternel** de la matière, comme le triplet est le > connecteur éternel de la donnée (@ref{adressage-generatif-triplet-v0}) et le CFC RS-485/π le > connecteur de face du Cubion terrestre (@ref{cubion:3}). Ce qu'on gèle ici : la géométrie des > six faces, ce qui traverse une face, et le cycle de vie **mount = amarrage / unmount = fork**. > > J0bot · Août 2026 · AGPL-3.0 · **spec — v0** · `cubion-docking-standard-v0` · 🛸 > Convention : `[POSÉ]` = gelé/décidé · `[HYPOTHÈSE]` = attendu mais non prouvé. > Régimes : RÉEL (physique établie) · PRÉSENT (ingénierie 2026 plausible) · TURFU (spéculatif). > > **Vocabulaire** : « cubion » a DEUX sens dans XERB0XI0N. Le sens logiciel (une composition de > ploxions, `config/cubions.php`) et le sens vaisseau (**space-cubion**, ce document, > `config/cubions_vaisseau.php`). Les deux coexistent ; le registre est séparé. Décision RS-7, 11.08. ## 0. Ce que ce document gèle Un space-cubion est un ploxion physique (@ref{space-cubion:2}) : une brique autonome qui s'agrège par contrat et se sépare proprement. Ce standard fige l'interface qui rend ce contrat mécanique : **six faces identiques, androgynes, éternellement rétrocompatibles**. Tout le reste du vaisseau (propulsion, habitat, matériaux) peut évoluer librement ; la face, non. C'est le même dogme que le triplet : le connecteur ne change plus en grandissant, sinon la forkabilité meurt avec la première génération incompatible. Un space-cubion de l'an 3000 doit pouvoir s'amarrer à un space-cubion d'aujourd'hui — la **rétrocompatibilité éternelle** n'est pas une préférence d'ingénierie, c'est la condition de survie du droit de partir. ## 1. Géométrie : six faces identiques androgynes `[POSÉ]` - **Arête nominale 4 m = 2⁸ bions.** Le Bion fait 16 mm (2⁴ mm) ; 2⁸ bions = 4 096 mm. On dit « 4 m » ; la cote exacte gelée est **4,096 m** — la chaîne base-2 du Bion au vaisseau ne se brise jamais (@ref{space-cubion:8.1}). Volume ~69 m³, dont ~35–45 m³ habitables. - **Les 6 faces sont identiques.** Pas de face « avant », pas de mâle/femelle : toute face de tout space-cubion s'amarre à toute face de tout autre. Symétrie de rotation 90° : quatre orientations d'amarrage valides par face, l'agrégat pave ℤ³ sans contrainte d'attitude. - **Androgyne = extension d'un standard RÉEL.** L'International Docking System Standard (IDSS, publié par le Multilateral Coordination Board de l'ISS, IDD rev. E, héritier des mécanismes androgynes APAS-89/95 ; implémenté par le NASA Docking System et le Crew Dragon) prouve depuis des années que le docking androgyne any-to-any **vole**. Le CDS reprend l'architecture IDSS (anneau de soft capture + verrouillage hard capture + tunnel pressurisé Ø ≥ 800 mm) et l'étend sur trois points que l'IDSS ne couvre pas : cadre carré pleine-face (au lieu d'un port circulaire sur une coque), **transfert de fluides obligatoire**, et handshake logiciel signé (§3). - **Une face = un cadre 4 m**, comportant : 1. le **passage pressurisé** central (Ø ≥ 800 mm, héritage IDSS, écoutilles des deux côtés) ; 2. la **structure** : reprise des efforts d'accélération et de couple à travers l'agrégat (l'agrégat est UNE structure, pas un chapelet) ; 3. les **connecteurs périphériques** : puissance · données · fluides (§2). ## 2. Ce qui traverse une face `[POSÉ]` sur la liste, `[HYPOTHÈSE]` sur les dimensionnements | Bus | Contenu | Héritage | |---|---|---| | ⚡ puissance | bus continu partagé, chaque cubion source ou puits | umbilicaux IDSS | | ⇄ données | le CFC spatial : successeur du cubionlink RS-485, magic number π (@ref{cubion:3}) + lien optique haut débit | cubionlink | | 💧 fluides | eau, air, ergols — transfert et égalisation | ravitaillement ISS | | ♨ **caloduc** | interface thermique inter-cubion — **OBLIGATOIRE**, non négociable | boucles diphasiques | **Pourquoi le caloduc est obligatoire : la 2e loi carré-cube, thermique** (RÉEL, @ref{space-cubion:15}). Dans un agrégat, la puissance dissipée croît avec le volume (∝ r³) mais la surface qui rayonne croît avec la surface (∝ r²). Pour un agrégat sphérique de rayon r à puissance volumique q_v uniforme, le flux que la croûte doit évacuer vaut q_v·r/3 ; avec une capacité radiative surfacique q_s, la profondeur thermique maximale est : r_therm = 3·q_s / q_v Ordre de grandeur honnête : un space-cubion qui dissipe ~10 kW dans ~64 m³ donne q_v ≈ 150 W/m³ ; un radiateur corps-noir à 300 K rayonne q_s ≈ 460 W/m². D'où r_therm ≈ 9 m — **à peine deux cubions de profondeur**. Sans réseau thermique traversant les faces, tout agrégat 3×3×3 cuit son noyau. La conclusion architecturale est la même que pour la propulsion : **la croûte est le radiateur du noyau**, exactement comme elle est son moteur (@ref{space-cubion:4}). Le caloduc inter-cubion est donc du même rang que la structure : une face sans interface thermique n'est pas conforme CDS. (Les radiateurs déployables de croûte et les températures de boucle sont `[HYPOTHÈSE]` de dimensionnement, pas de principe.) ## 3. mount = amarrage : le handshake `[POSÉ]` Le space-cubion est un ploxion : son cycle de vie est contractuel. `mount` se déroule en cinq temps, et **l'ordre est gelé** — le logiciel avant l'ouverture, toujours : 1. **Approche + soft capture** — amortissement, alignement (mécanique pure). 2. **Hard capture** — verrouillage structurel, vérification d'étanchéité. 3. **Handshake logiciel** (sur le CFC, avant toute ouverture) : - échange et vérification mutuelle des **identités GPG** (le space-cubion porte la clé de son propriétaire — l'identité est physique, comme le bion personnel, @ref{cubion:3}) ; - échange des **vector clocks** et premier merge des logs (@ref{xion-relativiste-v0}) ; - **ALIGNEMENT au sens du triplet** : comparaison des `hash_générateur` — tout ce qui est déjà commun ne sera jamais retransmis ; seuls les résidus voyagent, chiffrés GPG (@ref{adressage-generatif-triplet-v0:2}). 4. **Négociation de ressources** — raccordement puissance, données, fluides ; le nouvel arrivant **rejoint le réseau caloduc** (sa charge thermique est ré-routée vers la croûte courante). 5. **Ouverture du passage** — l'amarrage est complet ; l'agrégat a grandi d'un cubion. Un amarrage dont le handshake logiciel échoue reste en mode **quai** : capture mécanique, zéro fusion d'état, zéro ouverture. On peut se tenir sans se faire confiance. ## 4. unmount = fork : la séparation propre `[POSÉ]` `unmount` est un **droit unilatéral** — c'est la définition du space-cubion comme unité de consentement (@ref{space-cubion:2}). La séquence gelée : 1. **Déclaration de fork** — aucun accord de l'agrégat requis ; un préavis, oui (le temps de la séquence, pas un droit de veto). 2. **Merge final** — dernier échange de logs ; les deux historiques repartent chacun avec le VC de l'autre. Divergence = branche, au sens git (@ref{xion-relativiste-v0:4}). 3. **Découplage ressources** — purge des lignes de fluides, isolation du bus de puissance, **ré-autonomie thermique AVANT séparation** (le partant redéploie ses propres radiateurs ; on ne largue jamais un cubion qui va cuire). 4. **Droit au silence** — le partant libère toutes les ressources qu'il occupait dans l'agrégat et peut cesser d'émettre. Rien de lui n'est retenu, rien ne lui est réclamé. 5. **Séparation mécanique + delta-v de départ.** **Invariant de consentement** (RÉEL, formule @ref{space-cubion:2}) : à tout instant, chaque space-cubion maintient Δv_réserve ≥ v_esc(plus gros agrégat consenti) = r·√(8πGρ/3) Repères : r = 100 m, ρ = 2 000 → v_esc ≈ 0,11 m/s (le fork est gratuit) ; r = 100 km, ρ = 2 500 → ≈ 0,12 km/s ; agrégat lunaire → ≈ 2,37 km/s. **S'amarrer à plus gros que sa réserve, c'est renoncer de fait au droit de partir** : le contrat de mount vérifie cet invariant au handshake (étape 3) et refuse — ou dégrade en mode quai — si la réserve du candidat est insuffisante. Le droit de partir se dimensionne, il ne se décrète pas. ## 5. Rétrocompatibilité éternelle `[POSÉ]` — le dogme - La géométrie de face (cadre 4,096 m, passage Ø 800 mm, position des connecteurs) ne change **jamais**. Les évolutions passent par des capacités *négociées au handshake* (étape 4), jamais par une rupture d'interface — le modèle est le triplet : le format est gelé, les générateurs au-dessus évoluent. - Toute version future du CDS doit s'amarrer à un cubion v0 en mode dégradé au minimum (structure + passage + caloduc). Le caloduc fait partie du socle éternel, pas des options. - Un agrégat mixte multi-générations est le cas **nominal**, pas l'exception : c'est l'anatomie géologique du vaisseau-mère (@ref{space-cubion:4}) — chaque couche une époque, toutes amarrées. ## 6. Ce qui reste à prototyper `[HYPOTHÈSE]` - Le mécanisme de capture pleine-face carré (l'IDSS est circulaire sur coque ; le cadre carré structurel est une extension non volée à ce jour) — Palier 0 : deux prototypes s'amarrent, se séparent proprement et mergent leurs logs (@ref{space-cubion:14}). - Dimensionnement du réseau caloduc (fluide, températures de boucle, radiateurs de croûte déployables/rétractables au fil des mounts). - Transfert d'ergols cryogéniques par la face (l'égalisation eau/air est acquise à l'échelle ISS ; le cryo inter-modules ne l'est pas). - Le surcoût massique du cube pressurisé vs cylindre (+20–40 %) : prix assumé du pavage, à mesurer sur prototype. - Reprise des efforts à 1 g d'accélération soutenue à travers N faces empilées (l'ISS n'accélère pas ; un agrégat qui pousse, si). --- *Ne pas nuire. Le standard n'existe que pour une chose : que partir reste toujours possible.* *AGPL-3.0 · Août 2026 · cubion-docking-standard-v0*